L'ASSO FABRICE AU MARATHON DES  SABLES EN 2022 ET 2023 !

Christine LEDUC, adhérente de l'association nous explique son projet :

                  Les sponsors

-  Christian Leduc, 10 rue de la roulais, 44320 CHAUMES EN RETZ
 

 - Norbert Boivin, la Trochelais, 44320 SAINT VIAUD

Profluide, 4 rue René Razel, 91400 SACLAY.

- Loire Automobile, garage AD, 17 rue Ferréol Prezelin, 44560 PAIMBOEUF

-L'Eau Vive, moulin de la Guerche, avenue des frères lumières, 44250 SAINT BREVIN LES PINS

-Alexandre Lerouge, 8 bis la lande mouron, 44250 SAINT BREVIN

Socadis, 39 rue des Varennes, 63170 Aubière

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MARATHON DES SABLES 2022 DOSSARD 77 CHRISTINE LEDUC
Premier MDS, trajet en avion en compagnie de Laurie, bénévole au grand cœur, qui s’amuse de me voir me dépatouiller tant bien que mal avec ma ceinture de sécurité. Mon précédent vol datait d’il y a 15 ans, j’étais enceinte de Cyrielle, et la destination était … le Maroc !
Je n’en reviens pas d’être là, de voir Patrick Bauer avec son acolyte sur le camion à briefer nos courses. Ce sont des images que j’ai regardées de chez moi, d’éditions en éditions, et là, je suis là, avec eux.
Rencontre avec nos compagnons de tente 86 et 87, sur les deux tentes, seulement 3 dont moi ne connaissons pas le reste de l’équipe. Une équipe principalement de docs, que je nommerai mes George Clooney. Moi je suis l’électron libre qui court au nom de l’Association Fabrice, contente d’avoir eue l’occasion de parler de cette Association à Patrick Bauer, le boss du MDS depuis 36 éditions.
Contrôle des sacs pour le 1er jour : 8,4kg sans l’eau, c’est beaucoup trop, je retire mon luxe quotidien de pompotes et mes bananes séchées soit 1kg de moins, et ça passe niveau calorique, car obligation d’être à 2000kcal min /jour.
J’ai hâte d’être au lendemain. Mes enfants m’ont écrit un mot par jour, dans mon sac. Je reste raisonnable et pioche un à chaque jour, ce sera le plus beau cadeau de ma semaine.
1 ère étape, première chaleur, ou grosse émotion d’être là, j’ai un léger mal de tête que je gère en buvant plus que de raison. L’idée pour cette première est de marcher pour m’acclimater, m’habituer au terrain, et surtout ne pas créer de trauma avec les impacts du poids du sac.
30,3 kms : nous sommes mis dans le bain de suite, avec ces dunes et le sable. Je m’étonne du calme autour du moi, c’est justement ce que j’étais venue chercher, calme et désert à perte de vue. Donc, tout va comme je me l’imaginais, impeccable.
2ème étape, la nuit fut bénéfique, le mal de tête a disparu, je me sens très très bien. La marche de la veille m’a laissée des jambes et esprit frais. Ma fille, Cyrielle a 15 ans aujourd’hui. Je pense à elle évidemment, et à son frère… mais avec parcimonie… je sais que si je pense trop à mes enfants, je vais m’émouvoir et ce n’est pas bon pour la suite.
38,5kms : J’ai envie de courir mais le sac est encore trop lourd. J’ai peur de prendre le risque de me blesser. Je marche vite et trottine quand le terrain le permet. Cette étape est marquée par la tempête de sable. C’est complètement fou. Ce sable fait mal aux cuisses, aux bras, une sensation de passer dans une sableuse. Un instant je me demande qui nous en veut autant.
Passage de nombreuses dunes sans rien voir à 20 mètres. Cette deuxième étape permet au mental de prendre le relai sur le physique. Je passe cette ligne d’arrivée en quasi 8h, comme à la première étape, je suis toute seule. Première grosse ampoule à vif au talon droit, je vais chez les podos, un tulle gras, une bande et ça sera ok jusqu’au retour à l’hôtel.
Je m’endors en ayant déjà cette sensation de faim… euh… c’est tôt… il me reste plus de 180 bornes à courir…
3ème étape, nuit difficile avec ce sable qui s’infiltre partout, vraiment partout. Je commence à accumuler un peu de fatigue. Oh ! Emmanuel Lamarle vient à ma rencontre. Lui ne s’en rend peut-être pas compte, mais c’est la seule personne que je connais un peu, depuis quelques années, via l’époque d’Ultrafondus. Ça me fait un bien fou de le voir.
32,1kms : le terrain et l’allègement du sac me permette de courir un peu. J’en profite, je suis heureuse. Le temps est plus clément, et j’aime ces alternances course/marche. J’y suis à l’aise. Je m’habitue à ces dunes, ce sable, ce dénivelé que nous ne retrouvons nulle part ailleurs. Très tôt, je me suis rendue compte que mes entraînements sur la plage de la côte atlantique n’apportaient rien de spécifique. Ce n’est pas le même sable, pas le même dénivelé.
Je fais quelques kilomètres avec mon compagnon de tente Daniel. Je l’aime bien, c’est le genre de gars avec qui je peux marcher côte-côte sans nous parler, mais sentir que nous sommes là l’un pour l’autre. Laurent Chauvelon, si tu courrais moins vite, nous serions certainement dans le même cas de figure !
Nous passons ce fameux Jebel, avec cette montée interminable, mais tellement belle. Elle est bien physique et cardio cette étape.
Depuis le début, j’ai cette crainte de manquer d’eau, j’en porte trop, parfois 3 litres. Je ferai le point avec mes compagnons de tente le soir, car à chaque CP, il me reste environ 500ml.
4ème étape, c’est LA longue étape que beaucoup redoute. Nombreux participants ici n’ont pas dépassé la distance marathon, je trouve ça dingue perso, limite inconscient. Et pourtant, ils s’accrochent parfois même très bien, n’est-ce pas Emmanuel ?
85,8kms : Je suis un peu tendue, le briefing de Patrick Bauer contrairement aux autres jours ne m’apaise pas. Suite aux conseils de la tente 87, je prends moins d’eau. J’ai donc le plaisir de courir plus facilement sur les parties roulantes. Je fais en sorte de retrouver mon état d’esprit de l’UltraMarin, pour être sûre d’être bien mentalement. Et ça fonctionne, j’avance de CP en CP. Je pensais être au CP5 avant la tombée de la nuit, j’ai un peu de retard sur mes prévisions mais c’est tellement futile face à la beauté des paysages, j’en prends plein les yeux, plein la tête, c’est merveilleux.
Sans prévenir, j’ai un gros coup de mou au CP6, où j’arrive péniblement et lentement. Et comme souvent, j’ai tout fait toute seule, j’ai besoin de parler, parler à des gens. Je balance à un commissaire que je suis dans le dur. Il me répond bizarrement : « Tu es dans ton jardin ? » Je me marre en me disant qu’au final lui aussi doit être dans le dur. Je me couvre et ça repart. C’est long et lent jusqu’à l’arrivée. Je me fais par mégarde un kilomètre de rab. Je m’auto-râle, j’avance avec des changements de rythme qui montre que je gère moins la cadence. 3h du mat, j’arrive en m’octroyant double dose de thé à la menthe. Il me faudra 30 minutes pour me coucher tellement mes gestes sont lents. Je m’amuse à ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller mes quelques arrivants de la tente. Je vais avoir le temps de me reposer.
Journée récup, et d’arrivée pour certains participants. Il fait très chaud et moi je reste dans mon sac de couchage. J’ai tapé dans mes réserves la veille, il me faudra un peu de temps avant de récupérer. Sous le regard toujours bienveillant des docs des tentes 86 et 87. Cette journée est comme un jour de lendemain de fête, je me lave, je mange, je dors, je m’hydrate, gros luxe : je me fais une lessive. Pétard, j’ai la dalle, je commence à taper dans le sac du dernier jour prévu pour la solidaire. Notre journée sera rythmée selon l’arrivée des participants de nos tentes. Chouette ambiance ici.
Chaque jour, il y a un esprit colonie de vacances où un organisateur passe nous offrir les mails reçus par le site du Marathon Des Sables. C’est du pur bonheur ces mails, parfois nous les partageons, parfois les gardons précieusement pour nous, tous sont une force, du plus, dans notre aventure.
Etape 5, l’étape marathon que beaucoup attendent. Moi, c’est mon meilleur jour, je me sens bien, les kilos du sac et du corps en moins, je me sens prête à courir. Patrick Bauer rappelle que nous sommes le 1er avril, pétard, c’est l’anniv de mon frère. Je pense à lui, à sa vie, à ses filles, ça me donne la rage. Je prends le départ avec beaucoup d’émotions. Certains conjoint(e) ont retrouvé leur moitié. Je me concentre pour ne pas pleurer. Moi aussi je vais le retrouver mon bel Olivier. Les 10 premiers kilomètres, je cours, trop heureuse, c’est la dernière, la médaille à l’arrivée, je cours. CP1, une barre et je repars et bim… ma cuisse ne répond plus, j’essaie en vain de relancer mais elle ne veut plus rien entendre. Je finirai avec sur le coup un peu d’amertume en marchant les 30 bornes de ce marathon. Au dernier kilomètre, Christophe, un des Georges Clooney, est à ma hauteur. Je l’agrippe et terminons ce MDS chaleureusement avec l’explosion de joie et les sourires des tentes 86 et 87.
La médaille offerte par Patrick Bauer, j’espérais voir Emmanuel Lamarle, et oui j’étais heureuse de me jeter dans ses bras.
Pétard, c’était tellement cool.
Cette étape fut la plus émouvante, ces 30 bornes en marche m’ont permis de lâcher quelques larmes, tellement ce MDS est beau, fort, joyeux et doux à la fois.
Moment improbable et magnifique, l’orga a invité une chanteuse d’opéra en plein désert. Quelle beauté et douceur. Leila, ma camarade de tente, m’a filé son trop plein de bouffe, je m’endors repue, avec cette musique en tête. C’est merveilleux. Je pense à ma cousine, Lise, « ce que j’aime dans la vie, c’est la vie ».
Dernière étape, la solidaire de 7,7 kms, non prise en compte dans le classement. Un des docs de ma tente au bel accent toulousain a regardé ma cuisse, j’ai une belle contracture. C’est le moindre mal de ma semaine. Mes pieds sont restés beaux, juste l’ampoule du talon droit.
Je termine 69ème féminine sur 203 féminines, 497 du classement scratch sur plus de 1023 inscrits.
Comme beaucoup le savent, j’y retourne l’année prochaine grâce à un dossard gagné. Je sais ce qu’il me reste à bosser notamment le dénivelé, le ratio (poids/calories) … et évidemment, l’objectif serai d’être dans le top 50 féminine.
Christine Leduc

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